L'Urbex ou exploration urbaine, est une activité qui consiste à capturer les images d’un lieu abandonné ou difficile d’accès. Tout ce qui est en ruine ou vidé mais qui malgré tout garde encore une âme. Baraques, usines, vieilles gares, hôtels, hôpitaux, n’importe quoi construit dans ce monde délabré et qui pour une raison ou une autre a été laissé du jour au lendemain. 
Pénétrer dans un lieu que le temps a usé est toujours un moment à part. Un décalage temporel. L’ambiance nous transporte dans la littérature steampunk dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du XIXe siècle. 
Des lieux emplis de passé où le temps se fige. A l'oubli presque pour toujours. 
Des lieux où la lumière se fraie un chemin à travers les carreaux éclatés et colore les murs d’une teinte irréelle. 
Le vent murmure. Nos pas craquent sur les les débris éparpillés. La nature s’amuse du silence dans cet édifice qui n’est plus que l’ombre de lui-même. 
Derniers témoins de l'activité humaine passée, les machines se désagrègent silencieusement. Rongées par le temps. Dans ces moments surchauffés d’adrénaline on se prend à imaginer la vie de ceux qui ont vécu ici. On les sent presque vivre et passer près de nous. Nous frôler. Nous épier. On se questionne sur leur départ soudain. Leur non retour. Laissant tous leurs souvenirs. Presque pour personne. 
Des formes floues se dessinent parfois. Des centaines d’orbes, aussi. Ces petits cercles pâles qui se baladent dans l’air et au creux desquels on croit reconnaître une figure humaine, celle des habitants du lieu qui reviennent pour narguer les intrus.
Ici et là, les carcasses d’acier s’oxydent inexorablement, immobiles face à la fougue échappée de nulle part de ces graffs au regard hypnotisant, aux tentacules dérangeants, encerclant des portes aux gueules béantes, innombrables passages vers d’autres lieux et dans lesquels on s’attend à voir surgir un visage. Parfois beaucoup plus. Comme cette épouvantable Chose dans la cave issue de l'imagination de D. Keller dans sa nouvelle publiée en 1932. Et ceci serait un moindre mal pour ne pas sombrer trop rapidement dans la folie de Cthulhu. 
Mais le délire n’est pas bon pour l’Urbex qui demande une grande vigilance. Alors on se raisonne. On patiente. Prêt à photographier. L’oreille aux aguets, l’oeil excité, corps et esprit unis. Concentration intense. Tout comme le cérémonial du tir à l’arc japonais où pour l’archer, au sommet de sa maîtrise, la cible ne devient qu’une anecdote.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire