Interlude


Il y a quelques temps, un ami m'a dit avoir un faible pour les détails plutôt que les vues d'ensemble de ces friches disséminées dans notre région. L'objet abandonné, le message placardé sur un mur, l'insolite. Je rajouterais que le détail raconte une histoire. Il est presque un fait divers qui détourne notre regard de l'immensité silencieuse pour nous ramener à un moment particulier de la vie de ces usines aujourd'hui figées ou disparues.

Alors en attendant les photos de ma dernière virée à Saincippe, voici une sélection de ce que l'on peut trouver au hasard des visites et qui font partie intégrante de l'univers de l'urbex. 

Commençons par l'extérieur, plutôt inhabituel pour ces lieux que l'on cherche surtout à envahir, où un jeu de miroir donne une image peu banale de l'imposante cheminée de NV.
Puis, un peu plus loin sur le même site, une autre cheminée qui se dresse parmi une nature envahissante.

 

Comme vous le remarquez, certains ont fait des pieds et des mains pour laisser une trace.
Un peu de Shoe tossing sur le site de AK, le lancer de chaussures lacets attachés, pour les suspendre sur des hauteurs improbables. Vous pouvez aussi en trouver dans les rues de Sainté si vous marchez la tête en l'air.



Puis l'une des deux mains d'Orlac, abandonnée - relisons Maurice Renard - qui ne souhaite pas livrer tous ses secrets.


Elle a peut-être joué à ce baby-foot, arrivé là par quel chemin on se le demande, et éliminé son adversaire victorieux. 


En tous cas nous sommes toujours dehors et les entrées, comme cela arrive souvent, barricadées.


Il y a bien celle-ci qui m'a permis de pénétrer à l'intérieur de MM. Large de 60 cm, ornée de livres et de dossiers, il fallait juste s'engouffrer en tenue de camouflage, c'est à dire appareil photo à la main, tenue de ville et sifflotant pour passer inaperçu à la vie stéphanoise trépidante d'une fin de matinée. 


Parfois c'est plus simple, comme cet escalier bancal qui ouvre les portes immenses de Béberalex. 


Enfin nous voilà à l'intérieur. Premier réflexe, admirer, être soufflé par la beauté du paysage nouveau, regarder partout sauf devant ses pieds. Pourtant ce n'est pas inutile si on ne souhaite pas passer une nuit à la friche, non, à la fraîche.



Là, on avance pas à pas. Dans l'obscurité, parfois. Comme à Noire Terre où la neige fondante giclant sur la Taverne de Moe ajoutait à cette cathédrale une saisissante note poétique.



Ensuite grimper pour trouver la lumière.



Croiser des objets inconnus dignes de la Zone 51 au Nevada.





Chercher la petite pièce manquante à tout ce puzzle.


Parfois la grosse.




Longer ces murs interminables parsemés de messages confidentiels tellement utiles aujourd'hui, et qui raisonnent pour certains comme un appel au secours angoissant.





Voilà, l'urbex c'est une fenêtre, 


C'est une porte ouverte vers un monde que l'on croit immobile mais qui n'est ni celui où il était en activité, ni celui de demain où il sera détruit. 
L'urbex c'est ici et maintenant. 


Une course contre la montre où la plupart des friches visitées sont aujourd'hui rasées, condamnées, murées, grillagées. 

Où l'on déambule le souffle court





 Incognito 


 Pour arriver au bout du chemin


Et terminer en beauté, enfin.





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